Monsieur le Conseiller Technique de Monsieur le Premier Ministre,
Madame le représentant du Ministre des Sports,
Mesdames, Messieurs les Partenaires Techniques et Financiers,
Mesdames, Messieurs,
Chers Invités,
Dans le discours d’ouverture de ce colloque, Monsieur le Premier Ministre a rappelé la situation difficile que traverse le secteur de la pêche au Sénégal. Une crise caractérisée, depuis plusieurs années, par une raréfaction des ressources halieutiques due à la combinaison de plusieurs facteurs, notamment des pratiques de pêche destructrices des habitats et de l’environnement marins.
Cette situation a conduit au déséquilibre de l’écosystème marin et, par conséquent, à la baisse notable de la reproduction des espèces marines, mais aussi à l’éloignement progressif des zones de pêche donc à une augmentation constante des coûts d’exploitation déjà assez élevés.
La pêche au Sénégal est donc confrontée au problème majeur de la baisse de la productivité, dans un contexte d’accroissement de la demande globale en produits halieutiques, tant à l’intérieur du pays qu’à l’extérieur.
Or, depuis toujours, il est connu des pêcheurs que les meilleures zones de pêche se trouvent autour des récifs qui constituent des espaces de prédilection pour une très grande variété d’espèces animales et végétales.
Ces constats empiriques ont donné naissance à une technique très efficace, permettant de restaurer, non seulement des zones de pêche d’antan mais d’en créer de nouvelles aux fins d’augmenter la disponibilité de ressources halieutiques.
Il s’agit de l’immersion de récifs artificiels constitués d’épaves de natures diverses, d’installations en béton ou en acier et/ ou des Dispositifs de Concentration de Poissons.
Les milieux ainsi crées sont notamment des lieux d’attraction et de concentration de poissons et font l’objet de toutes les convoitises de la part des pêcheurs.
Comme vous le savez, le Ministère de l’Economie Maritime en étroite collaboration avec la Fédération Sénégalaise de Pêche Sportive a entrepris depuis plusieurs années, un important programme d’immersions de récifs artificiels le long des côtes sénégalaises.
Compte tenu des résultats encourageants déjà enregistrés, notamment avec une augmentation de la diversité biologique autour de ces « structures immergés », l’augmentation de la durée de la saison touristique de pêche sportive, nous souhaitions poursuivre et amplifier ce programme d’immersion dans le cadre du Plan Stratégique National d’Immersion des récifs Artificiels.
Afin de renforcer ce plan stratégique, il a été jugé utile de tenir ce colloque pour échanger avec les acteurs nationaux, régionaux et internationaux afin de définir un cadre de régulation et de suivi scientifique adapté au contexte national.
A l’heure du bilan, je me réjoui de constater que les échanges ont été riches et fructueux. Cela grâce à la qualité des expertises en présence et à la diversité des thèmes abordés au cours de ces quatre jours. L’ensemble des problématiques de gestion des récifs artificiels ont été abordées et on abouti aux recommandations suivantes :
L’importance de la définition d’un cadre institutionnel et réglementaire d’immersion des récifs artificiels discuté et partagé par l’ensemble des acteurs du secteur afin de garantir sa mise en œuvre effective ;
La nécessité d’afficher clairement l’objectif visé pour chaque projet d’immersion d’un récif artificiel car suivant qu’il s’agit d’un récif destiné à la protection ou d’un récif destiné à la production dépendra la forme, le poids, le lieu d’immersion, la méthodologie de suivi de celui-ci ;
L’implication forte des communautés de pêcheurs sur l’ensemble du processus enfin qu’elle se l’approprie pour en garantir son succès ;
La nécessité de définir un cadre de régulation de l’accès aux récifs en amont du processus d’immersion afin d’éviter les effets pervers de cet outil d’aménagement ;
La nécessité de bien mesurer l’impact des récifs artificiels sur l’amélioration de l’écosystème marin, par la mise en œuvre d’une méthodologie scientifique rigoureuse dans la durée, car les effets peuvent sûrement apparaître au bout de plusieurs années ;
Il est tout aussi important de prendre en compte des coûts d’immersion des récifs qui doivent tenir compte des avantages potentiels escomptés notamment les retombées économiques.
Mesdames, Messieurs,
Je voudrais solennellement vous assurer que je veillerai personnellement à ce que l’ensemble des recommandations issues de ce colloque soient prises en compte dans la mise en œuvre du Plan National Stratégique d’Immersion des Récifs Artificiels dans la mesure de nos capacités techniques, financières et humaines.
A cet effet, je demande à l’ensemble des parties prenantes de s’approprier ces recommandations et d’en tenir compte dans la mise en œuvre du programme d’immersion.
Mesdames, Messieurs,
Permettez-moi d’adresser mes vifs remerciements aux partenaires techniques et financiers qui ont bien voulu soutenir financièrement ce colloque. Je veux nommer la Coopération Française, la Coopération Espagnole, la National Oceanic And Atmospheric Administration (NOAA) des Etats- Unis, la Commission Internationale pour la Conservation des Thonidés de l’Atlantique (ICCAT), la Coopération Japonaise, l’UICN, le WWF, sans oublier l’ensemble des institutions publiques et privées sénégalaises. Je vous exhorte vivement à poursuivre cet appui dans le cadre de la mise en œuvre du programme d’immersion.
Je terminerai par souhaiter à nos hôtes un bon retour dans leurs pays respectifs en souhaitant que ce colloque marque le point de départ d’une coopération internationale forte avec l’ensemble des acteurs concernés par la gestion des récifs artificiels. Cela afin d’en faire des outils d’aménagement efficaces et structurants du système de gestion des pêches du sénégal.
C’est sur ces mots d’espoir que je déclare clos le colloque sur la gestion des récifs artificiels pou l’aménagement des pêches et la conservation des ressources marines.
Je vous remercie de votre aimable attention. |