Messieurs les Ministres…
Excellence Mesdames, Messieurs les ambassadeurs
Messieurs les experts…
Mesdames, Messieurs les partenaires techniques et financiers
Mesdames, Messieurs
Chers invités,
Faut-il le rappeler, l’Etat du Sénégal a consenti d’énormes efforts depuis l’Indépendance pour le développement du secteur de la pêche. Cela par la construction d’infrastructures de débarquement, de transformation et de conservation, la subvention du carburant et des équipements de pêche, la mise en place de ligne de crédit, le renforcement de capacité des acteurs de la pêche, la mise en place d’un cadre législatif et réglementaire régissant le secteur pour ne citer que les mesures les plus significatives !
Ces interventions de l’Etat en faveur du secteur de la pêche s’expliquant, à l’époque, par les potentialités du secteurs des pêches et la contribution qu’elle pouvait apporter à la création d’emplois, à l’équilibre de la balance des paiements et à l’alimentation des populations ont finalement crée les conditions d’une augmentation rapide et non maîtrisé de l’effort de pêche appliqué sur la ressource halieutique dont la production est par nature limitée.
La conséquence est que le secteur de la pêche fait face, aujourd’hui, à une crise environnementale et socio-économique sans précédent ! Une crise qui menace l’avenir des communautés de pêche et l’approvisionnement des populations et des industries de transformation en produits halieutiques de qualité.
En effet, les captures des espèces démersales, qui contribuaient fortement à la rentrée de devises, parce qu’essentiellement destinées à l’exportation, ont baissé entre 2003 et 2006 de près de 33%. Ce qui a entraîné une baisse globale des exportations de 26% et la fermeture de 23 entreprises entre 1999 et 2006.
En outre, la rentabilité des unités de pêche artisanale et industrielle a fortement baissé ce qui s’est traduit par une perte substantielle de revenus pour les opérateurs du secteur.
Cette situation, pour être inversée, nécessite une démarche de rupture, des réformes courageuses et urgentes visant à ajuster les capacités de pêche à la productivité naturelle des ressources halieutiques. C’est l’unique voie pour permettre à ce secteur d’exprimer tout son potentiel en termes de recettes d’exportations, de contribution durable et significative, à la création de richesse et à la lutte contre la pauvreté.
Dans cette dynamique, le gouvernement du Sénégal, à travers le Ministère de l’Economie Maritime vient d’adopter une Lettre de Politique Sectorielle dont les orientations stratégiques doivent permettre d’amorcer un processus d’inversion des tendances lourdes de l’évolution du secteur en posant les actes majeurs qu’il me plaît de rappeler ici.
le démarrage du processus d’élaboration puis de mise en œuvre des plans d’aménagement des pêcheries,
la définition de nouvelles conditions d’accès à la ressource pour les unités de pêche artisanale avec l’introduction progressive du permis de pêche artisanale,
l’élaboration d’un programme d’ajustement des capacités de pêche et de restructuration industrielle,
l’expérimentation d’une nouvelle gouvernance locale des pêches avec la mise en place de conseils locaux pilotes de pêche artisanale,
le renforcement de moyens de surveillance des pêches avec l’acquisition de quatre navires de surveillance,
la mise en place d’un système de financement des pêches pour accompagner la restructuration et la modernisation de l’industrie,
la mise en œuvre de politiques de gestion et de conservation des ressources halieutiques et de l’environnement marin par l’instauration du repos biologique pour la pêche industrielle et bientôt pour la pêche artisanale, la création d’aires marines protégées, et l’immersion de récifs artificiels objet de notre rencontre d’aujourd’hui.
Mesdames, Messieurs,
Vous imaginez donc, tout le plaisir que j’ai à venir présider la cérémonie d’ouverture de ce colloque sur la gestion des récifs artificiels pour l’aménagement des pêches et la conservation des ressources marines qui s’inscrit en droite ligne avec notre politique des pêches.
Par conséquent, vous comprendrez que je fonde beaucoup d’espoir sur les conclusions de ce colloque qui devrait arriver :
à préciser l’apport des récifs artificiels comme outils d’aménagement des espaces côtiers ;
à définir les cadres de régulation opérationnels adaptés aux différents usages autour des récifs ;
à identifier les mécanismes de suivi/ évaluation de la ressource halieutique à la périphérie des habitats artificiels adaptés au contexte de la sou—région ouest africaine ;
En d’autres termes, il s’agira de définir une méthodologie permettant de mesurer l’impact réel de tels outils d’aménagement. Cela autant dans notre pays que pour nos voisins avec les quels nous partageons la Côte Atlantique et les richesses de la mer.
Je voudrais, solennellement, réaffirmer ma disponibilité à vous apporter tout le soutien nécessaire pour accompagner ce programme d’immersion de récifs artificiels.
Pour terminer, je tiens à remercier, vivement, tous les partenaires techniques et financiers, les ONGs, qui ont bien voulu apporter leur contribution à l’organisation à l’organisation de ce colloque.
Je profite de cette occasion pour les exhorter à accompagner le processus de mise en œuvre des recommandations qui seront formulées aux termes de vos échanges.
Je ne saurais conclure sans adresser mes vives félicitations à la Fédération Sénégalaise de Pêche Sportive (FSPS) pour le palmarès élogieux qu’aucune équipe nationale n’a encore réalisé, mais également pour le nombre importants de récifs que la Fédération a immergé ces dix dernières années.
Je voudrais rendre aussi un vibrant hommage, à titre posthume, au capitaine de cette équipe nationale, Abdoulaye KEBE, grâce à qui la pêche sportive sénégalaise a été double championne du monde.
Sur ce, je déclare ouvert, le colloque international sur la gestion des récifs artificiels pour l’aménagement des pêches et la conservation des ressources marines.
Je vous remercie de votre aimable attention. |